| DESPONDENTS
Brides abattues
Prolifiques, les Despondents de Toulouse sortent un album par an depuis 1996. Ils parviennent avec "Y2K" à combiner leurs différentes facettes et arrivent à un bon compromis entre violence frontale et intimisme troublant.
Mine de rien, les Despondents s'imposent à leur rythme. Six années d'existence et le trio réuni autour de Sandrine (chant/basse) affiche un C.V alléchant avec des tournées en France et Portugal, des premières parties de Dolly, Sloy, Burning Heads et un split CD avec Mary's Child et Dionysos sur Pandémonium. Sandrine: "Après la tournée avec Mary's Child et Dionysos pour "Soon, on your radio", on a ressenti le besoin de prendre du recul et de se ressourcer. Au bout de trois mois d'arrêt, on était repartis avec une super pêche. On a commencé à enregistrer en se permettant des arrangements avec des violoncelles et des percus, ce qui est une première pour nous. On a envoyé le résultat à différents labels, et Night & Day nous a répondu en 48h". "Y2K" rassemble le Despondents dur et agressif de "Soon, on your radio" en le combinant à des passages plus intimistes basés sur des guitares acoustiques. "On s'est permis d'aller en studio pour y improviser. C'est une liberté qu'on rarement les groupes indépendants limités dans le temps par leur budget. On a commencé dans le rock avec le punk, le grunge et la noise. Depuis, nous évoluons. Je pense que l'on fera un album acoustique un jour". Les goûts des membres de Despondents englobent aussi bien Muse, Placebo, Sonic Youth que My Bloody Valentine, Ride, Korn et Soulfly. Sandrine opte aujourd'hui plus facilement vers la langue française pour s'exprimer. "Je découvre un autre plaisir à écrire en français. En anglais, j'écris par rapport aux mélodies. Je m'inspire plus des sonorités que d'un sujet. Le travail en français est à l'opposé. Je choisis un sujet puis la mélodie suit. Mais textes en français sont plus profonds. J'essaie de réaliser une écriture poétique avec des jeux de mots". A l'aise dans son rôle de bassiste-chanteuse, Sandrine admet n'avoir eu que des modèles féminins anglo-saxons, les musiciennes françaises se faisant rares. "Je ne voudrais pas faire du machisme à l'envers, mais les adolescents sont plus intéressés par la musique et les instruments que les filles. Ils vont au concerts, se mettent à la guitare, achètent des partitions. Les filles ont d'autres envies au même âge. Elles sont souvent fans d'un artiste sans se soucier de savoir ce qu'est une basse. Les musiciennes se révèlent assez tard, souvent après vingt ans. Cela me touche quand une fille vient me voir après un concert en affirmant que je lui ai donné envie de faire de la basse".
Olivier Portnoi |