Tout
d'abord, les Despondents, c'est un trio. Plutôt petite et plutôt
blonde, Sandy chante et joue de la basse. A l'instar du fameux
Bosley, qui protège sa drôle de dame, hé bien Nicolas porte des
lunettes et joue de la guitare. Et de son côté, Julien tape sur
sa batterie qui fait du bruit. Le groupe s'est formé voilà deux
ans car Sandy et Nico couple à la ville comme à la scène,
avaient une irrésistible envie de former un groupe. "A
l'époque, les Breeders venaient de sortir Cannonball et je
trouvais ça génial que des filles montent sur scène. C'est ce
qui m'a motivé à former un groupe". Pour Nicolas, "Ca
a aidé à décider que ce soit Sandrine qui chante. Ce n'est pas
qu'on avait décidé de fonder un groupe dans tel ou tel style.
Mais c'est normal par rapport à ce qu'on écoute de développer
un style plus proche des groupes que l'on aime". Pourtant, à
l'écoute de There's no end to it, leur premier album sorti
chez Nova Express, jusqu'à leur récente maquette, rien ne
ressemble de près ou de loin aux copines aérobic désintox' de
Kim Deal. Autant l'enthousiame des débuts appelle au punk rock
sur There's no end to it, ricochant chez L7 et Hole, autant
aujourd'hui les Despondents ont ralenti le rythme, basculé vers
le hardcore, ou ce que l'on pourrait qualifier de "musique
mécanique".A l'ordre du jour : Helmet, Shellac, Sloy,
Portobello Bones, Condense, Drive Blind... Des groupes de mecs, à
travers lesquels Sandy cherche son parasol. "Ce n'est pas
évident d'être une fille dans le rock parce que tu es obligée
de prouver encore plus qu'un mec que tu mérites ta place sur
scène.
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Mais
je ne revendique aucun féminisme. Je porte mon ampli basse, je
crie sur scène, mais ça ne veut pas dire que j'essaie d'être
plus forte qu'un mec. La seule différence, c'est qu'on ne
perçoit pas la musique de la même manière et qu'on ne l'exprime
pas de la même façon. C'est un atout. Mais au fond, je pense
qu'on a tous quelque chose à prouver". Sur la dernière
maquette du groupe, enregistrée à Angers, il n'y a que le
discours du groupe qui n'ait pas mué. "Paroles et musiques
sont ambivalentes, c'est comme ça que l'on définit notre style.
C'est emprunt de nos frustrations". Aujourd'hui, les
Despondents ont passé un grand coup d'éponge sur leurs premiers
babils. "On a énormément travaillé. Les premiers titres,
pas très aboutis, nous ont permis de franchir un cap. A partir du
moment où l'on avait évacué ces morceaux sur un album on a pu
passer à autre chose. Le fait que ces morceaux soient gravés
permet de te dire que ce sont des anciens morceaux et que tu peux
évoluer musicalement. A partir de là, on a ralenti le tempo pour
plus de puissance et d'efficacité. Nos morceaux sont structurés
de façon plus complexe". Le groupe abonde dans le sens d'une
noisy franchement déstructurée, désormais produite par Gilles
Théolier, mur du son pour Mush ou les Thugs, sur laquelle Sandy
semble siffler ses cris, à la manière d'une Kim Gordon pelotée
par des talibans. L'année dernière, on a même attribué le FAIR
à ces ferrailleurs. Voilà une bonne chose de faite...
S.
Marty
Despondents,
There's no end to it (Nova Express / Tripsichord) |